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Généalogie
Analyse transgénérationnelle
B comme Bans de mariage : ce que la famille annonce, ce qu’elle tait

Les bans sont l’annonce publique d’un mariage, avant sa célébration.
Un peu d’histoire
En 1215, lors du IVème Concile de Latran, l’Eglise catholique rend obligatoire leur annonce, afin d’empêcher les mariages clandestins et/ou consanguins.
Lors du Concile de Trente, en 1563, elle renforce l’obligation de l’annonce du futur mariage au cours de la messe, pendant les 3 dimanches consécutifs ou jours de fêtes précédant la cérémonie, afin de permettre une enquête préalable de parenté, et que chacun puisse dénoncer les empêchements et oppositions à l’union.

Après la Révolution, à compter de 1792, le seul mariage ayant valeur légale est laïque : les bans sont dès lors affichés en mairie. Le code civil français l’oblige toujours à ce jour et précise qu’ils doivent être publiés 10 jours avant la date du mariage, sur le lieu de la cérémonie et ceux de résidence des futurs mariés.

Pas de publication de bans ? Pas de mariage ! Sauf naturellement, en cas de dispenses exceptionnelles.
De nos jours, ces derniers sont notamment délivrés en cas de décès imminent : des concubins décident de se marier urgemment car l’un d’entre eux est gravement malade, permettant ainsi de protéger le survivant au niveau légal, fiscal et patrimonial. Les dispenses peuvent également être accordées pour des raisons de sécurité et d’ordre public. C’est le cas invoqué par le procureur de la république aux motifs de sécurité, de tranquillité publique et du statut particulier du chef de l'État pour valider celle demandée par Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, lors de leur mariage au palais de l’Elysée, en 2008.
Pour le généalogiste, ces bans laissent des traces précieuse. Leur absence suppose une dispense qu'il va lui falloir chercher. Leur publication permet quand à elle d’identifier les futurs époux avec leur âge, leur lieu de résidence, l’identité des parents et leur éventuel décès. Et parfois, ce qu’ils révèlent, c’est surtout ce que personne n’a jamais raconté. Ce qu’il faut découvrir en allant au-delà de la simple lecture de ce document.
Car ce que l’on annonce publiquement n’est qu’une partie de l’histoire. Derrière les bans, il y a ce qui ne se dit pas : le mariage hâté, l’alliance arrangée, l’amour qui n’a pas eu lieu…
Une grossesse avant mariage ?
L’indice est une naissance moins de 9 mois après la noce. L’enfant peut naturellement être né prématuré, ou bien être issu des ébats des mariés avant leur union officielle.
Mais quel impact transgénérationnel si l’enfant n’est pas celui du marié ? Séduite, puis abandonnée par son amant, la jeune femme est mariée en hâte par la famille, afin d’éviter la honte et le déshonneur. Ces sentiments peuvent pourtant perdurer dans la psyché maternelle et le secret peut laisser le sentiment, chez le/la descendant(e) qui en héritera, de ne pas être à sa place, d’être un imposteur, de ne pas faire partie de la famille.
Les grossesses hors cadre peuvent également se répéter au fil de l’arbre : les enfants naissent d’un adultère ou hors mariage (à remettre naturellement dans le cadre sociétal où cela se passe). On retrouve également des lignées sans père, où seules les mères élèvent les enfants en absence de celui-ci.
Mariage de raison ou alliance de familles?
Les indices à chercher sont la proximité des terres, des métiers des deux familles, voire la demande de dispense de mariage pour consanguinité entre époux. On se marie entre soi ! Ce n’est pas avant tout de l’amour, mais un pacte officiel permettant de garder l’unité des domaines, la continuité des confréries professionnelles. Les dispenses permettent également d’épouser son beau-frère ou sa belle-sœur devenus veufs, pour que les enfants grandissent en famille.
L’idée transmise aux générations suivantes peut être que le couple se fonde sur un contrat plus que sur un choix, la transmission du devoir avant celle du désir. Une réaction inconsciente possible est la peur panique de l'engagement, alors même que vous êtes très amoureux et souhaitez vous impliquer plus avec votre moitié. Mais une méfiance viscérale envers le mariage, perçu inconsciemment comme une prison, une sensation d’étouffement (parfois ressenti physiquement), un mensonge ou un sacrifice de liberté, empêche d’aller au bout de la démarche. Lors d’un accompagnement transgénérationnel, on cherchera qui potentiellement, parmi vos ascendants, s’est marié contre son gré...
Un mariage avorté?
Il arrive, au gré de nos recherches généalogiques, de trouver les bans d’un mariage dont nous n’avions pas eu connaissance précédemment, sans trouver trace d’une quelconque union dans les semaines suivantes.
Ici, le premier réflexe est de consulter les actes de décès transcrit à la même période. Dans la grande majorité des cas, nous y trouverons réponse à notre étonnement avec la mort prématurée d’un des deux futurs époux.
Selon le degré de traumatisme familial vécu par cet évènement, la pensée inconsciente transmise aux descendants, peut être que se marier est dangereux et que l’on y risque sa vie à vouloir s’unir avec autrui. Ainsi, l’héritier/l’héritière de cet sentiment, va inconsciemment s’y soumettre en multipliant les partenaires, pour éviter de s’attacher, ou en refusant catégoriquement toute célébration de couple.
En conclusion, si les bans sont un rite de transparence communautaire, leur lecture, associée aux évènements familiaux qui ont suivis, peut laisser transparaitre des non-dits, à qui sait lire entre les lignes.
Et si, dans votre famille, un mariage avait caché bien plus que vous ne pensiez ? Quel document ou évènement peut vous mettre sur la piste ?